Une vision stratégique de l'actualité scientifique et technologique du secteur des biotechnologies.

Recherche et capital-risque : Comment financer l’innovation française?

 

Jean-Yves Nothias, investisseur associé de Vesale Partners revient sur son parcours de capital-risqueur.

Comment un chercheur en biologie moléculaire devient-il investisseur ?

À l’époque où j’ai fait le pari d’un changement radical de carrière, en 1995, cela était clairement un choix précurseur. Être le premier thésard à devenir analyste financier ou gérant de fonds dans les biotechnologies en France était une fierté personnelle. Le capital-risque est un métier complexe qui fait appel à de nombreuses connaissances et qualités. J’ai vécu ce challenge comme s’il s’agissait de jeter un pont de signes au-dessus d’un précipice. Je n’avais pas le vertige. En tant qu’investisseur, il est important de se forger sa propre conviction intime sur l’intérêt d’un investissement. C’est cette conviction qui donne la force d’affronter les obstacles fréquents sur le chemin de l’innovation. Par ailleurs, il faut être capable de remettre ses convictions en question. Il ne faut pas tomber dans un entêtement suicidaire de refinancement, lorsqu’un projet se révèle être un échec ou, à l’inverse, ne faire qu’un seul type d’investissement. Pour moi, le vrai taux de succès d’un investisseur doit être apprécié sur des périodes suffisamment longues et sur un échantillon d’investissement suffisamment large.

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