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Nouveau médicament contre le cancer de la thyroïde

Des chercheurs suisses de l’Institut Paul Scherrer (PSI) ont développé une substance qui permet de cibler et de traiter une forme particulièrement maligne du cancer de la thyroïde. Ces scientifiques ont utilisé une protéine apparentée à la gastrine, une hormone produite par l’organisme, et la dotent d’une substance radioactive. Cette substance est capable de s’arrimer à la surface des cellules tumorales. Grâce à la courte portée de son rayonnement, elle détruit la tumeur tout en ménageant les tissus environnants.

Ce nouveau médicament permet de traiter une forme de cancer de la thyroïde plutôt rare mais particulièrement agressif : le cancer médullaire de la thyroïde (CMT). Ce dernier est impossible à traiter avec le traitement habituel à l’iode radioactif. Ces cancers sont une fois sur quatre transmis de manière héréditaire, c’est pourquoi ils touchent aussi des enfants ou de jeunes adultes. Si le cancer est découvert à un stade précoce, le patient peut être soigné moyennant une ablation chirurgicale complète de la glande thyroïde suivie d’une chimiothérapie. Mais si la tumeur a formé des métastases, une guérison est pratiquement exclue.

Le cancer médullaire de la thyroïde (CMT) se développe aux dépens de ce que les chercheurs nomment les cellules C, situées dans le tissu conjonctif de la glande thyroïde. Ces cellules C portent à leur surface des molécules, qui sont autant de récepteurs sur lesquels se lient certaines hormones produites par l’organisme comme la gastrine et la cholécystokinine.

Dans 92 % des CMT, ces récepteurs sont particulièrement nombreux. Le traitement mis au point par les chercheurs du PSI est une molécule à la structure chimique similaire à la gastrine : la minigastrine. Porteur d’une substance radioactive, le lutécium-177, il se fixe directement sur ces récepteurs pour acheminer la radioactivité aux cellules cancéreuses afin de les détruire.

Dès lors, il est possible de suivre l’évolution de la propagation du cancer médullaire de la thyroïde par imagerie. En effet, le nouveau médicament émet un rayonnement, qui peut être capté par une gamma-caméra. Cette caméra produit une image permettant de visualiser l’accumulation du radiotraceur dans l’organisme, plus particulièrement dans la tumeur et ses métastases.

Article rédigé par Georges Simmonds en partenariat avec RT Flash

PSI

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