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Moduler la réponse immunitaire des animaux d’élevage grâce aux algues

Olmix et l’Inra explorent le potentiel des algues pour améliorer l’immunité des animaux et réduire l’usage des antibiotiques dans les élevages.

La qualité nutritionnelle des algues et leur richesse en molécules bioactives suscitent un intérêt croissant. Les applications potentielles sont nombreuses, notamment pour l’alimentation humaine et animale.

La paroi cellulaire des algues contient de grandes quantités de polysaccharides sulfatés dont diverses études ont montré leur large panel d’activités biologiques, y compris anticoagulante, antimicrobienne, antiproliférative, antitumorale et immunomodulatrice.

L’Inra de Nouzilly et Olmix Group, leader mondial dans la bioraffinerie des macroalgues –vertes et rouges – ont mené un partenariat de recherche pour explorer le potentiel d’extraits isolés riches en polysaccharides sulfatés marins. Ils ont pu démontrer que l’extrait MSP Immunity, issu de la macroalgue verte Ulva armoricana récoltée sur les côtes du nord de la Bretagne, stimule la production par des cellules épithéliales de l’intestin de porc, de molécules médiatrices de l’immunité telles que CCL20, IL8 et TNFα. Le rôle de ces médiateurs dans l’activation, le recrutement et la migration des cellules immunitaires lors d’infections de l’intestin est établi : ainsi ces travaux confirment le potentiel de MSP Immunity sur la modulation de l’immunité intestinale (Berri et al. 2016). Comprendre le mécanisme de l’activité immunomodulatrice de MSP Immunity est très important pour optimiser le développement de polysaccharides bioactifs dans de futures stratégies préventives en vue d’améliorer la réponse immunitaire et la santé de l’hôte. Les chercheurs sont allés plus loin dans la dissection des mécanismes impliqués dans la modulation de la réponse des cellules épithéliales par MSP Immunity. Ils ont pu démontrer que les voies de signalisation passent par l’activation du récepteur cellulaire intestinal TLR4 et font intervenir la voie de signalisation PI3K/Akt ainsi que le facteur de transcription NF- κB (Berri et al. 2017).

L’ensemble de ces données prometteuses, obtenues in vitro, montre que MSP immunity pourrait être utilisé dans l’alimentation des animaux d’élevage pour moduler la réponse immunitaire et protéger les muqueuses vis-à-vis des bactéries pathogènes. Ceci pourrait augmenter la résistance des animaux aux infections et réduire l’utilisation des antibiotiques dans les élevages, un enjeu majeur de santé publique aujourd’hui.

(1) Berri M et al. (2017) Algal Res 28, 39-47 (2) Berri M et al. (2016) J Appl Phycol, doi:10.1007/s10811-016-0822-7

(1) Berri M et al. (2017) Algal Res 28, 39-47 (2) Berri M et al. (2016) J Appl Phycol, doi:10.1007/s10811-016-0822-7

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