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L’Intelligence Artificielle (I.A.) s’arrime dans le médical

En 2015, alors qu’il ne parvenait pas à diagnostiquer le cas de leucémie dont elle était atteinte, un médecin de l’Institut des sciences médicales de Tokyo se connecte à la base de données Watson for Oncology d’IBM et croise le profil génétique de cette patiente avec les 20 millions de publications en oncologie qu’elle contient : il trouve une correspondance avec une maladie rare de la moelle osseuse, modifie le traitement et ça marche. Depuis, une vingtaine de centres hospitaliers en Asie et aux Etats-Unis testent Watson, cette machine qui, grâce à un algorithme, peut brasser 40 millions de données en 15 secondes et qui comporte également un ensemble d’algorithmes capables d’apprendre sans avoir été programmés, (deep learning ou apprentissage profond). Watson accumule des milliers d’heures d’entraînement et des milliers de cas résolus dans différents types de cancers pour affiner le diagnostic et mettre en place des traitements ciblés. Avec le rachat du leader de l’imagerie médicale, Merge Healthcare, Watson se positionne aussi dans ce domaine où « les réseaux de neurones » peuvent reconnaître des objets complexes.

Google avec l’outil d’IA DeepMind a établi, quant à lui, un partenariat avec l’hôpital d’ophtalmologie Moorfield à Londres pour intégrer un million de scanners des yeux afin de repérer des maladies oculaires (rétinopatie diabétique) mais également faciliter des traitements du cancer de la tête et du cou par analyse d’images. Non sans provoquer une polémique au printemps dernier, quand le New Scientist avait révélé que Deep Mind avait eu accès à 1,6 million de dossiers médicaux de patients dans le cadre de partenariat avec des hôpitaux londoniens, sans que les malades n’aient été prévenus.

Les géants de l’I.A. investissent dans le médical. Après IBM et Google, Microsoft a annoncé à son tour en septembre son plan de recherche pour éradiquer le cancer. L’outil d’IA à partir duquel travaillent les chercheurs de Microsoft pour cibler les cellules cancéreuses afin d’éliminer la maladie est déjà testé par le Knight Cancer Institute, dans l’Oregon, pour les patients souffrant de leucémie. Microsoft va plus loin affichant son ambition de rendre la biologie « programmable », « les cellules malades pourraient alors être reprogrammées pour combler les défaillances du système immunitaire »…

Quelles autres surprises les GAFA nous réservent-ils ? Le 21 octobre, Google Brain, le programme de recherche en IA de Google sur le Deep learning, vient de franchir une étape avec la publication d’une étude  expliquant comment deux réseaux de neurones appelés Alice et Bob auxquels on a demandé d’utiliser des clés secrètes dans le but de renforcer les propriétés de confidentialité d’un système multi-acteurs, sans leur donner d’algorithmes cryptographiques, sont parvenus à communiquer entre eux dans une langue cryptée indéchiffrable pour un troisième réseau de neurones nommé Eve, mais aussi pour l’homme. Une nouvelle qui contribue à faire monter les inquiétudes sur une IA dont le contrôle échapperait à l’humain. Il y a quelques semaines, L’université de Stanford publiait un rapport consacré à l’IA et les 3 géants de l’IA créaient avec Amazon et Facebook une organisation à but non lucratif, Partnership on AI, « établie pour étudier et formuler les meilleures pratiques sur les technologies d’I.A. et pour améliorer la compréhension du public sur l’IA« .

 

 

 

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