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Les innombrables possibilités des dendrimères en nanomédecine

dendrimère, une architecture arborescente - crédit Anne-Marie Caminade Laboratoire LCC6CNRS

Dendrimère, une architecture arborescente – crédit Anne-Marie Caminade du Laboratoire LCC-CNRS

Le Pr Anne-Marie Caminade, était la présidente du colloque PBSI 2017 sur le bore, le silicium et le phosphore organisé par PremC du 3 au 5 juillet à Paris. Des applications pour la santé et l’imagerie se profilent à partir des découvertes de cette chimiste du phosphore qui travaille depuis 1994 sur les dendrimères au sein du Laboratoire de Chimie de Coordination (LCC) du CNRS à Toulouse. Il s’agit de véritables nano-outils pour diverses applications en immunothérapie cellulaire antivirale ou anti-cancéreuse.

à droite le Pr Anne-Marie Caminade- crédit photo PremC

à droite le Pr Anne-Marie Caminade – crédit photo Prem C

Interview d’Anne-Marie Caminade par Thérèse Bouveret

Vous êtes spécialiste des dendrimères, des macromolécules aussi appelées arbres moléculaires de par leur structure arborescente ?

Ce sont des entités chimiques se déployant autour d’un coeur multifonctionnel selon un principe itératif. Les dendrimères c’est un support : c’est ce que l’on met en surface, pour l’essentiel, qui donne toutes les propriétés. On peut tout faire avec les dendrimères. Si on met des complexes métalliques, cela favorise les propriétés chimiques pour faire de la catalyse. Avec des acides phosphoniques en surface, ils peuvent avoir des propriétés en cancérologie. Nous avons identifié en particulier un dendrimère de petite taille (3 nanomètre de diamètre) appelé G1-ABP qui pourrait jouer un rôle dans les thérapies cellulaires pour les leucémies.

Il fait l’objet d’un de vos derniers projets présenté à ce colloque?

Nous avons démontré dans une étude ex vivo en collaboration avec des biologistes (Prof. Rémy Poupot) que les dendrimères porteurs de  fonctions phosphonates permettent de faire se multiplier les cellules naturelles tueuses, Natural Killer (NK), à  partir de prélèvements sanguins. Les cellules NK ont la propriété de lutter contre les cellules cancéreuses. Nous avons démontré que chez 1/3 des souris chez lesquelles ont été injectées des cellules cancéreuses d’une part et, d’autre part, des cellules NK obtenues en présence des dendrimères, la tumeur ne se développe pas et se développe peu chez les autres souris.

Vous l’avez  montré également chez des souris atteintes de polyarthrite rhumatoïde ?

Ce sont des souris atteintes de façon génétique et trois semaines après l’arrêt du traitement la maladie recommence ; si l’on redonne du dendrimère, cela peut apporter un traitement chronique. Pour aller dans ce sens, le dendrimère a été injecté à  des singes proches de l’homme sur un mois, à  raison d’une injection chaque semaine, sans problème particulier.

Médecine personnalisée ?

Dans le cadre de la multiplication des cellules NK, le sang provenant de certains donneurs répond bien, dans d’autres cas moins bien. Dans certains cas, les NK sont multipliées par 2, dans d’autres cas par 50, la moyenne étant par 16. Reste à connaître le phénotype des cellules NK qui se multiplient ou non, c’est un travail de biologistes.

 


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