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L’avenir de l’homme

« La guerre civile serait-elle bientôt entre les transhumanistes qui veulent l’émergence d’un monde totalement contrôlé par les biotechnologies et les bioconservateurs qui s’y opposent ? » En soulevant cette question dans une interview il y a un an, le chirurgien et neurobiologiste Laurent Alexandre, président de DNA Vision, faisait référence à la loi dite du «retour accéléré» postulée par le directeur de l’ingenierie de Google Ray Kurzweil, qui étend la loi de Moore. Pour les transhumanistes, selon cette loi, « apparait un moment vers 2045 où l’intelligence artificielle (IA) se mettra à croitre de façon exponentielle. Et en quelques heures, en quelques jours, en quelques semaines, elle progressera des milliards de fois. En janvier 2046, les ordinateurs arrivent à peine aux capacités d’un cerveau humain puis le dépassent et deviennent un milliard de fois plus puissant que l’intelligence humaine.( …) Et c’est le point que les transhumanistes appellent la Singularité. C’est un moment où l’IA explose en très peu de temps et bouleverse complètement la donne voire marginalise l’humanité ». 2045, c’est dans moins de trente ans. De quoi donner le vertige !

Guerre civile ou guerre tout court ? Bill Gates se situe plutôt dans le camp de ceux qui s’inquiètent de cette super intelligence, de même qu’Elon Musk, le patron de SpaceX et Tesla, et l’astrophysicien britannique, Stephen Hawking.  Tous trois se sont alarmés d’une utilisation de l’IA pour l’armement, qui pourrait signer la fin de l’espèce humaine en l’absence de régulation politique au niveau international. Dans une lettre ouverte publiée le 27 juillet 2015, plus d’un millier de personnalités – dont une majorité de chercheurs en IA et en robotique – ont réclamé l’interdiction des armes autonomes, capables « de sélectionner et de combattre des cibles sans intervention humaine ». Par crainte aussi « que cela ne crée un refus majeur dans la population qui réduirait à néant les bénéfices sociaux futurs de l’IA. » «Pour mieux appréhender ce risque, il faudrait qu’il y ait un débat politique, une réflexion des scientifiques et de la société civile sur l’encadrement de l’IA afin de définir une position commune » considère Laurent Alexandre, invité vedette de l’université d’été de la Confédération des Syndicats Médicaux Français « L’expertise médicale, le dernier rempart du médecin » à Giens les 9, 10 et 11 septembre. « La médecine est à l’aube de bouleversements importants du fait de l’irruption des NBIC (nanotechnologies, biotechnologies, informatique et sciences cognitives) dans tous ses champs d’action, et va se trouver confrontée à de nouvelles pratiques ». Le Festival du Vivant lance en septembre à Paris, un autre débat, tout aussi important, sur les questions relatives à la bioéconomie, aux biotechs et à l‘agriculture pour un futur viable.

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