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Genopole Young Biotech Award 2016 : Biostart remporte le premier prix

La 6e édition du Genopole Young Biotech Award a récompensé, mardi 13 décembre à la Caisse d’Epargne, la société Biostart qui a convaincu le jury* à l’unanimité. Des prix spéciaux ont été également attribués à deux des cinq finalistes. Un prix spécial « Potentiel industriel » revient au projet Spiris et un prix spécial « Potentiel international » a été remis à Unibiome.

genopole-young-biotech-awards-2016

De gauche à droite : l’équipe Unibiome, au centre Biostart, à droite, Spiris.

 

Biostart gagne le 1er prix d’une valeur de 100 000 €

 

L’émotion s’est lue sur les visages de Bertrand Duval et Fabrice Grenard à l’annonce de leur premier prix. Des années de travail, parfois de sacrifice, récompensées et des perspectives de croissance accélérée qui s’ouvrent, comme en témoigne Bertrand Duval, co-fondateur de Biostart: «Pour nous, le label Genopole est un sésame, une clé. Demain, nous allons pouvoir présenter notre dossier aux investisseurs, à nos partenaires industriels et universitaires. C’est le point de départ de la concrétisation. On a le brevet, on a le label Genopole et les portes vont s’ouvrir ! L’accompagnement de Genopole va nous aider à monter des dossiers de recherche de fonds dans l’objectif de vite recruter ». Le jury s’est prononcé à l’unanimité en faveur de Biostart dont le projet est à la fois mature, solide et pertinent en répondant de façon durable à un grand enjeu de santé publique.

L’équipe est constituée de quatre associés : Bertrand Duval et Jean-Baptiste Loiseau, issus de l’industrie pharmaceutique, Bernard Rougier, professeur en sciences sociales à Sciences Po et Fabrice Grenard, consultant en droit public et environnemental auprès des collectivités.

Tous les quatre ont développé un projet biotech innovant dont « l’ambition est de produire un impact positif sur la dépollution». Leur solution repose sur la production d’une molécule qui est un polymère de cyclodextrine, constitué à base de composants d’origine végétale, totalement neutre pour l’environnement. Ce polymère a la capacité de capter un large spectre de micropolluants chimiques et biologiques dans les eaux usées. Il répond en cela aux strictes exigences de directives cadres européennes qui imposent aux Etats membres de cibler quarante substances micropolluantes prioritaires dans le traitement des eaux usées. Le polymère a fait l’objet de tests de robustesse et va être utilisé en condition réelle dans une station d’épuration.

Biostart présente sa technologie comme plus efficace, moins coûteuse et plus écologique que les techniques actuellement utilisées. Les clients visés sont les sociétés de traitement des eaux usées et les sociétés industrielles  polluantes. Le marché est estimé à un milliard et demi d’euros. A plus long terme, Biostart envisage de s’intéresser également à la dépollution des sols et de l’air.

 

Biostart, interview video de Bertrand Duval    

 

 

Unibiome remporte un prix spécial « Potentiel international » (valeur 50 000€)

 

Moyenne d’âge, 24 ans ! Unibiome est une équipe de cinq jeunes étudiants : Ihab  Boulas  (co-fondateur et CEO), Sophie Gontier (co-fondateur et CTO), Shazzad Mukit (co-fondateur et COO), Juan Manuel Garcia (co-fondateur) et Prateek Garg (co-fondateur), qui se sont rencontrés dans le master international « Approches interdisciplinaires de Vivant » (Paris Descartes-Paris Diderot). Ils sont originaires de France, du Bengladesh, d’Espagne et d’Inde, possèdent des compétences complémentaires en microbiologie, en biologie de synthèse, en bioéthique et en business.

En 2015, réunis au sein de l’équipe Paris-Bettencourt, ils ont remporté une médaille d’or au concours iGEM, la plus grande compétition mondiale de biologie de synthèse à Boston. Ils reçoivent aussi le prix de la Kirchner Food Fellowship à la compétition Thought For Food à Zurich, ainsi qu’un investissement de la part du groupe SOSV.

Genopole offre une nouvelle distinction à leur technologie jugée « prometteuse et ambitieuse ».

« Nous sommes très heureux d’avoir remporté  de  prix  spécial « Potentiel  international  » dont on ressent déjà les bénéfices, indique Ihab Boulas. Les discussions avec les investisseurs commencent dès ce soir et les services que nous gagnons vont de toute évidence accélérer notre croissance et notre visibilité ».

Portés par la même ambition, les cinq partenaires ont à cœur d’apporter une solution aux problèmes de malnutrition des pays émergents, comme l’Inde ou le Brésil, et à l’inverse aux problèmes de surconsommation alimentaire des pays occidentaux.  « Notre vision s’inscrit à long terme, explique Ihab Boulas. Nous voulons améliorer la valeur nutritive de l’alimentation en utilisant les biotechnologies sans que le consommateur n’ait besoin de rien faire, ni d’acheter des compléments alimentaires en  gélules  (vitamines,  oligo-éléments…) ni d’ajouter d’ingrédients à leurs plats. Notre solution est non-invasive. Elle est aussi modulaire nous permettant d’adresser les besoins spécifiques de différents segments de marché ».

Unibiome a, entre autres, développé une levure de boulanger, dite de seconde génération, qui permet d’augmenter la bioabsorption du fer présent dans le pain. Le deuxième prototype d’Unibiome augmente la valeur nutritive d’une pâte indienne, l’idli, quotidiennement consommée en Inde. La formulation probiotique, intégrée à l’idli lors de sa fabrication industrielle, augmente l’apport en vitamines B9 et B12.

Le modèle business d’Unibiome repose sur la sélection et l’amélioration de bactéries et de levures brevetées et « licencées » aux industries de l’agro-alimentaire.

 

Unibiome, interview vidéo de Ihab Boulas

 

 

Spiris remporte un prix spécial « Potentiel industriel »

(valeur 50 000€)

 

Vincent Nicolas, 27 ans, et Bernard Sacy, 34 ans, se connaissent depuis un an seulement, s’entendent comme de vieux amis, forment un duo à la fois complémentaire et sympathique. Cette qualité de l’équipe a pesé dans le choix du jury, ainsi que sa vision très claire de l’industrialisation de leur innovation.

Vincent Nicolas, qui précise être « fils d’agriculteur », diplômé de Agro Paris Tech, a travaillé à la direction technique d’une start-up spécialisée en agriculture urbaine puis est devenu consultant indépendant dans le même domaine. Bernard Sacy, né à Beyrouth où il a suivi des études dans une école d’ingénieurs (AUB), a poursuivi son cursus en France dans une école de commerce (ESCP). Conseil en management industriel, le jeune homme a déjà vécu l’expérience de la création d’une start-up mais c’est de la rencontre avec Vincent que viendra le déclic. Vincent travaillait depuis plusieurs mois sur l’innovation de Spiris : la mise au point d’un système innovant capable de produire de la spiruline à grande échelle à moindres coûts. L’association des deux jeunes hommes a eu l’effet d’un catalyseur.

« La spiruline est l’aliment de demain ! C’est l’aliment le plus riche que nous avons sur la terre, riche en protéines, en calcium, en oligo-éléments, en anti-oxydants, en fer… ». Sur la scène de l’auditorium de la BPCE, Bernard Sacy brandit dans sa main gauche, un steak congelé et de sa main droite, une cuillère remplie de spiruline : « Il y autant de protéines dans les deux. Mais la fabrication de spiruline a nécessité 1600 fois moins d’eau, 200 fois moins de surfaces agricoles et a en plus permis de capter du CO2 !».

La consommation européenne de spiruline provient à 90% des importations de Chine et des Etats-Unis. La technologie de Spiris vise à réduire la forte dépendance de l’Europe pour que notre industrie agro-alimentaire puisse intégrer une spiruline locale et de qualité, à ses produits.

« Nous avons réussi notre preuve de concept en laboratoire. Nous avons aménagé un démonstrateur extérieur de petite taille à Massy (Essonne) pour s’assurer que tout fonctionne en conditions réelles avant de passer à une culture de plus grande échelle dans une ferme de taille conséquente » précise Bernard Sacy, très satisfait du prix obtenu : « Le prix spécial du concours va nous apporter une accélération de notre R&D et une aide certaine à la structuration de l’entreprise sur les plans juridique, propriété intellectuelle et stratégique ».

 

Spiris, interview vidéo de Bernard Sacy

 

 

Parmi les autres finalistes : Actinova dont la technologie vise à contrôler et réduire la quantité de pesticides utilisés dans l’agriculture et Aéromate qui créé la première solution biologique pour la culture de légumes sur les toits de Paris en hydroponie.

 

* Composition du jury :

Alain Pinchart (Chimex- L’Oréal) ; Arnaud Autret (Seventure Partners) ; Alexandra Berrafato-Droniou (BPCE) ; Michael Krel (Sofinnova Partners) ; Valérie Brunel (Abolis Biotechnologies) ; Françoise Olier, (directrice général adjointe de Genopole ); Hakim Kharrat (directeur de Genopole Entreprises) ; Miranda Nally-Delmotte (chargée d’affaires Genopole)

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