Une vision stratégique de l'actualité scientifique et technologique du secteur des biotechnologies.

Genopole a vingt ans et s’ouvre à l’international

Genopole soutient l’innovation dans les domaines de la génomique et des biotechnologies dans une perspective d’amélioration des soins de santé et de développement économique.

Interview de Jean-Marc Grognet, directeur de Genopole (Evry-Essonne) depuis février 2017, vice-président recherche de Medicen et auparavant, au CEA, directeur de l’institut de biologie et technologie de Saclay puis de l’institut d’imagerie bio-médicale.

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Vous avez été sélectionné par le French Tech Visa?

Oui, nous avons été sélectionnés par le gouvernement français. Cela répond à notre plan stratégique 2025 dont l’ambition est notamment de renforcer notre prospection internationale pour attirer des talents étrangers. C’est précisément le but du French Tech Visa. La dimension internationale de Genopole se développe. Pour exemple, Illumina, leader mondial du séquençage, a décidé de s’implanter en novembre dernier à Genopole, dans le cluster de la génomique,  considérant que c’est l’endroit où il faut être, c’est un signal fort.

Vous avez signé un accord avec un cluster québécois ?

A BIO 2017 à San Diego, nous avons signé un accord avec le cluster québecois Neomed. L’idée est de favoriser les échanges entre nos entreprises. C’est un terrain d’atterrissage pour les entreprises de Genopole au sein de Neomed et réciproquement. Nous serons également présents en juin au forum BIO 2018 à Boston sur le stand du Pavillon de la France, pour marquer la volonté de Genopole d’être présent à l’international et faire valoir le cluster comme point d’ancrage stratégique pour un déploiement commercial sur le continent européen.

Vous venez de signer le 7 mars avec le Génome Québec une entente de partenariat scientifique en génomique ? 

L’entente conclue entre Genopole et  Génome Québec permettra la mise en place de collaborations scientifiques et technologiques et le développement de la génomique et des sciences « omiques ». Genopole et Génome Québec prévoient le transfert mutuel de savoir-faire et d’expertise et la création d’une plateforme aidant à la mise en relation des partenaires universitaires et privés des deux organismes. Je me réjouis de ce rapprochement. Les réseaux en sciences “omiques” de Genopole et de Génome Québec sont très étendus en France et au Canada et nous croyons que cette entente permettra de relier plus d’acteurs de la recherche et de l’innovation entre nos deux organismes.

Cet accord s’inscrit bien dans la logique du Plan France Médecine Génomique 2025 ?

Certes, ces collaborations viendront stimuler l’accélération de la recherche en médecine de précision et, plus particulièrement, au niveau de certaines maladies répandues au Québec et en France. De façon générale, ces ententes encourageront le développement de meilleurs diagnostics et de solutions thérapeutiques plus efficaces. Elles prévoient également de mettre à la disposition des experts des plateformes génomiques de pointe, ainsi qu’un puissant bassin statistique.

Le  Plan France Médecine Génomique 2025 comprend trois dispositifs. D’abord des plateformes de séquençage : une douzaine réparties sur le territoire national à proximité des centres hospitaliers. L’une des premières sélectionnées est la plateforme SEQOiA en Ile-de-France. Les données de séquençage seront transférées dans un CAD (Collecteur analyseur de données) pour leur traitement numérique. Le centre de R&D du plan, le Crefix (centre de référence, d’innovation, d’expertise et de transfert) chargé de la validation des procédures, des protocoles observés par les plateformes, sera implanté au sein d’un bâtiment de Genopole, accueilli à côté du  CNRGH (centre national de recherche en génomique humaine) piloté par le CEA.

Vous avez signé un accord de rapprochement avec Paris Saclay ?

Oui, sur le volet formation. L’université Paris Saclay est sur les rails. L’université d’Evry a acté une fusion avec Paris Sud et Versailles Saint Quentin au plus tard en 2025. La zone d’influence de l’Université Paris Saclay va d’Evry à Versailles-Saint-Quentin et du CHU de Kremlin-Bicêtre (Paris Sud) jusqu’à Gif-sur-Yvette. Genopole a souhaité faire partie du mouvement. Nous avons renforcé ces relations en signant en 2017 avec Gilles Bloch, président de l’Université Paris Saclay, un accord de partenariat. A titre d’exemple, mardi 13 mars, a eu lieu une réunion organisée par le département Sciences de la vie de l’Université Paris-Saclay et Genopole à destination des étudiants et jeunes chercheurs pour les sensibiliser à la création d’entreprises en sciences du vivant.

Genopole a créé le dispositif ATIGES pour favoriser la venue de jeunes chercheurs ? En quoi consiste-t-il ? 

L’objectif des Actions Thématiques Incitatives de Genopole (Atiges) est de contribuer à l’émergence de futurs leaders scientifiques, en offrant à des chercheurs titulaires d’un poste dans un organisme public de recherche, la possibilité de créer une équipe au sein d’une unité déjà implantée sur le biocluster. A condition bien sûr de s’inscrire dans les domaines de recherche de Genopole qui lance un appel à candidature annuel. Les bénéficiaires d’Atiges sont choisis par un comité scientifique indépendant. Après sélection des projets, un financement de 250 K€ sur 3 ans leur est alloué permettant entre autres d’engager des aides techniques (CDD), des stagiaires ou post-doctorants afin de constituer une équipe. On peut citer l’exemple de Patrick Curmi, chercheur Inserm arrivé à Evry en 2003. Il y a constitué une équipe, a reçu le prix Ilab pour l’entreprise DiamLite qu’il a créée ;  il est à présent président de l’Université d’Evry.

L’un des derniers événements que vous avez organisés à Genopole est l’inauguration du Shaker ?

Le campus a pour mission d’aider à la création d’entreprises, notamment issues de la recherche. C’est dans ce cadre que nous avons lancé deux nouveaux dispositifs d’accompagnement que sont le Shaker et le Booster. La première promo du Shaker a démarré en septembre 2017 avec 5 lauréats. Le Shaker est destiné aux étudiants, doctorants, post-doctorants, ingénieurs… qui développent une innovation dans le domaine des biotechnologies (santé, industrie, agro/agri…). Nous mettons à leur disposition pendant 6 mois des paillasses, des réactifs, l’accès au matériel, un mentorat … On leur propose une sensibilisation à la création d’entreprise. Deux actuellement sont en phase de création. Un vrai esprit d’équipe règne au sein du Shaker, ils travaillent ensemble et s’entraident.

En ce qui concerne le Booster, il s’adresse à des entreprises de biotechnologie innovantes créées depuis moins de deux ans. Le programme est très complet : une analyse à 360 ° de leurs points forts et points faibles + 5 jours de consultants à la carte + 25 jours de formation (IPI, RH, finances) de très bon niveau focalisée sur les sciences de la vie. L’objectif est de les amener, au terme du dispositif qui dure une année, à une levée de fonds décisive pour leur croissance.

Propos recueillis par Thérèse Bouveret

Signature du Pacte Genopole- Genome Québec - Photo : Christine Saint-Pierre, ministre québécoise des affaires internationales (en haut à gauche), Philippe Couillard (en haut au milieu), Jean-Baptiste Lemoyne (en haut à droite), Jean-Marc Grognet, DG de Genopole (en bas à gauche) et Daniel Coderre, PDG de Génome Québec (en bas à droite).

Signature du partenariat Genopole – Genome Québec – Photo : Christine Saint-Pierre, ministre québécoise des affaires internationales (en haut à gauche), Philippe Couillard, premier ministre du Québec (en haut au milieu), Jean-Baptiste Lemoyne,  Secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères (en haut à droite), Jean-Marc Grognet, DG de Genopole (en bas à gauche) et Daniel Coderre, PDG de Génome Québec (en bas à droite).

 

 

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