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Combattre les effets délétères d’un foie trop gras grâce au microbiote

microbiote -crédit Inserm

microbiote – crédit Inserm

70 à 80 % des personnes souffrant d’obésité et de diabète présentent une stéatose hépatique, ce qui conduit rapidement au développement d’une insuffisance hépatique, synonyme de risque de cancer et capacité réduite à filtrer les toxines environnementales et alimentaires.  Or, faute de médicament pour combattre cette maladie dite du « foie gras », les seules solutions sont actuellement un régime alimentaire strict, voire une greffe. Des résultats publiés en 2007 et 2011 avaient permis d’expliquer comment le microbiote (les bactéries de l’intestin) pouvait entraîner diabète et obésité.

Les chercheurs français (Inserm), italiens et anglais du consortium européen FLORINASH, se sont cette fois intéressé à son éventuel rôle dans la survenue des complications hépatiques. A partir des données cliniques de deux cohortes de 800 hommes et femmes souffrant d’obésité, et d’analyses moléculaires de foie, urine, plasma et selles sur un sous-groupe d’une centaine de femmes, les chercheurs ont constitué une immense base de données. Les détails moléculaires de la composition du microbiote, des gènes du foie, des protéines plasmatiques et des protéines urinaires ont ensuite été analysés par des algorithmes capables d’identifier un lien logique entre ces données.

Les chercheurs ont ainsi montré comment certaines bactéries intestinales jouent un rôle majeur dans la stéatose hépatique. Ils ont fait deux constats : la composition du microbiote s’appauvrit avant même que les premiers symptômes n’apparaissent et l’un de ses composés spécifiques, l’acide phénylacétique, potentialise l’accumulation de graisses dans le foie.

Ces travaux pourraient mener à terme à des biomarqueurs prédictifs de la maladie et permettre de proposer des solutions thérapeutiques visant à manipuler les bactéries du microbiote, par des probiotiques ou une stratégie pharmacologique interférant avec les mécanismes bactériens responsables de l’affection hépatique.

Nature Medicine juin 2018

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