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Bioéconomie : décloisonner les biotechnologies

En 2016, la France prépare sa Stratégie nationale pour la Bio-économie, Il y a différentes manières d’aborder la question. La première, celle de Dorothée Browaeys, une journaliste militante qui a coordonné l’organisation du Festival du Vivant, point d’orgue de l’action menée en France au sein du programme européen Synenergene pour favoriser les débats science-société notamment sur les biotechnologies. Elle a réussi à rassembler une centaine d’acteurs impliqués, industriels, biologistes, philosophes etc…. Les échanges ont été vifs parfois mais enrichissants. Un succès car ce festival a fait émerger quelques doutes sur les promesses d’avenir radieux auquel prétend la bioéconomie, et notamment ceux des militants inquiets des conséquences pour l’espèce humaine des manipulations génétiques du vivant (inf’OGM ou mouvements paysans).  L’économiste Franck-Dominique Vivien, chercheur à l’université de Reims, y a présenté ses différentes théories du développement soutenable.

Le Festival du Vivant avait lieu au moment de l’annonce de la fusion Bayer-Monsanto. Les inquiétudes ont pu se cristalliser face à la fusion des deux géants des semences et des pesticides. Phénomène global, la concentration des agro-industriels survient simultanément aux Etats-Unis, au Canada, en Chine et en Europe. Une lettre ouverte adressée à la commission européenne a été publiée dans Le Monde réclamant instamment à l’autorité de la concurrence en Europe de refuser la fusion Bayer-Monsanto qui donnerait à ce géant une position de monopole de fait. Alors même qu’un tribunal Monsanto doit se tenir à la Haye du 14 au 16 octobre pour juger la multinationale accusée de crimes contre l’humanité et d’écocide. Un vrai faux procès dont le jugement est attendu pour le 10 décembre.

Autre manière de porter le débat sur la bioéconomie, celle adoptée par Adebiotech, le think tank transversal des biotechnologies « qui organise environ cinq colloques scientifiques chaque année, dans des domaines émergents à forte évolution et à implication sociétale ». L’association qui compte 1500 membres traite de sujets variés en prenant en compte les aspects santé et environnementaux. Lors du 19ème Protein Summit, Manuel Gea, le président d’Adebiotech, et Thierry Stadler, celui du pôle IAR (Industries Agro-Ressources) ont signé un accord de coopération. Les protéines sont en effet un sujet d’intérêt majeur pour Adebiotech et un des axes stratégiques du Pôle IAR. Ce dernier a récemment accompagné la rédaction d’une feuille de route sur les protéines du futur, dans le cadre de la solution « Alimentation Intelligente » de la Nouvelle France Industrielle.

Deux colloques, organisés à Biocitech (Romainville), sont d’ores et déjà préparés en commun : Coproinov sur la valorisation des coproduits et. Proteinov sur les enjeux liés aux risques d’intolérance, d’immunogénicité et d’allergénicité pouvant apparaître au cours des procédés de production et de purification des protéines issues des biotechnologies, entrant dans des applications pharmaceutiques, agro-alimentaires et cosmétiques. Comment évaluer la nanotoxicité des matériaux? Un sujet sensible auquel le LNE (Laboratoire National de Métrologie et d’Essais) consacre un forum NanoResp « non polémique » le 13 octobre  à Paris.

 

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