Une vision stratégique de l'actualité scientifique et technologique du secteur des biotechnologies.

Bactériophages : un couteau suisse viral

affiche_bacteriophageA l’occasion du centenaire de la recherche sur les bactériophages à l’Institut Pasteur du 24 au 26 avril, du  Human Phage Therapy Day le 27 avril, et de la publication du compte-rendu du colloque 2016 du réseau de recherche français Phages dans la revue Viruses, nous mettons à la Une un article de synthèse de Maude Bernardet sur les bactériophages avec un encart sur Félix d’Hérelle, l’inventeur de la phagothérapie.
récemment sur le sujet.

 

Les bactériophages, virus des bactéries, ont un énorme potentiel de réactivité face aux infections. Santé humaine, usage vétérinaire, agricole, agroalimentaire, cosmétique : les applications sont nombreuses. Et les phages recèlent encore bien d’autres surprises. Panorama des possibilités.

Antibiorésistances : le renouveau de l’intérêt pour les applications des phages

La résistance aux antibiotiques, préoccupation sanitaire mondiale croissante, est la cause principale de la redécouverte de l’utilisation des bactériophages pour combattre les bactéries. En outre, les bactériophages sont spécifiques des souches bactériennes ciblées, et cette caractéristique revêt un intérêt d’autant plus grand qu’on découvre de manière croissante l’importance et la complexité du microbiote humain. Les travaux de recherche sur l’efficacité et l’innocuité de la phagothérapie ont donc repris dans le monde occidental depuis la fin des années 1990, et les résultats des études précliniques sont très probants. Le projet Phagoburn, étude de l’usage de phages contre les infections par Escherichia coli et Pseudomonas aeruginosa chez les grands brûlés, inaugure les essais cliniques en Europe : les premiers patients ont été inclus en juillet dernier.

Ce contenu est réservé aux abonnés. Pour continuer cliquer sur le lien ci dessous.
Login & Purchase

Découverte et applications

Frederick Twort fait état de leur découverte en 1915 et s’interroge sur leur nature, Félix d’Hérelle en voit l’intérêt thérapeutique dès 1917. Il l’utilise avec succès dès 1919 pour traiter la typhose aviaire dans un élevage de poulets, puis la dysenterie chez des patients humains. Son mode opératoire est relativement simple : il a constaté la présence des phages dans les fèces des individus en rémission. Il les isole, les cultive en solution bactérienne et injecte le lysat chez les individus malades : la guérison est rapide et totale. Félix d’Hérelle multiplie les applications thérapeutiques et prophylactiques chez les élevages et les populations humaines jusque dans les années 1940. Puis l’apparition des antibiotiques en 1941 au spectre bactéricide large supplante l’usage de la phagothérapie. Les recherches sur le sujet sont enrayées, sauf en Union Soviétique qui, coupée des progrès occidentaux, continue le développement de la phagothérapie.

Maude Bernardet

tableauCentral27
[/private]

Similar posts

Dernière Lettre parue

Cliquez sur l'image pour accéder à la lecture via Calaméo (accès réservé aux abonnés)
Cliquez sur l'image pour accéder à la lecture via Calaméo (accès réservé aux abonnés)

Abonnement

(abonnement aux éditions de la Lettre et accès intégral au site)

Abonnez-vous à notre newsletter gratuite

Microbiotes 2018