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« Au bout de 5 ans, si cela marche on continue et on double la somme, si cela ne marche pas, on arrête ! »

Fort d’un bilan très positif,  Pierre Monsan, directeur de TWB « tire la sonnette d’alarme » auprès des pouvoirs publics pour aller « un cran plus loin » dans le domaine des applications industrielles des Sciences de la vie. Au risque d’en offusquer plus d’un.

Interview Pierre Monsan, directeur de la TWB

 

Vous avez publié une tribune libre récemment pour solliciter l’aide de l’Etat en faveur des PME et des organismes de recherche?

Oui, vous vous souvenez du rapport Alain Juppé-Michel Rocard en 2009 « Investir pour l’avenir » c’était la base du PIA (Programmes d’investissement d’Avenir). Il disait : Pourquoi sommes-nous si bons dans la science et si faibles dans la valorisation ? Je suis scientifique de bon niveau et en même temps je suis obsédé par la création d’emplois. A partir de la superbe recherche que nous avons en France, je m’étonne que nous ne soyons pas plus dynamiques pour transformer ces résultats scientifiques en produits et en emplois. Il faut une politique plus active, plus volontariste, pour la création d’emploi dans ces organismes de recherche publics qui emploient des chercheurs dont la préoccupation ne doit pas être seulement d’allonger leur liste de publications. J’essaie de tirer la sonnette d’alarme aujourd’hui dans un contexte gouvernemental qui évolue. Il faut être conscient qu’on « loupe » de formidables opportunités quand on considère le décalage entre le potentiel de recherche en France et les retombées économiques. Le classement de la France par l’OCDE au niveau de la recherche varie entre la 6ème et la 7ème position et, si l’on regarde le classement dans le domaine de l’innovation – ce qui transforme la recherche en produits- on se situe entre la 15ème et la 20ème place. C’est bien résumer la situation. TWB a été conçu, à partir de la feuille blanche, grâce à l’opportunité du PIA et au soutien de l’INRA, pour contribuer à l’amélioration de cette situation dans le domaine des applications industrielles des sciences de la Vie.

Les SATT existent depuis dix ans pourtant ?

Est-ce que cela suffit ? En France, on a empilé des couches : SAIC, SATT, IRT, ITE, mais personne ne se préoccupe de faire un bilan pour savoir ce qui marche ou pas. On ne sait  pas évaluer a posteriori. On fait de belles évaluations a priori. On donne ensuite de l’argent sans se préoccuper de tirer de véritables conclusions des évaluations intermédiaires, qui devraient permettre de prodiguer soit des encouragements concrets soit des sanctions.

Je suis conseiller scientifique de l’université de  Kobe au Japon : les programmes de recherche sont conduits par une association de recherche financée à  50 % par le ministère de l’économie et 50% par les industriels. Et au bout de 5 ans, si cela marche on continue et on double la somme, si cela ne marche pas, on arrête !

Pierre Monsan et le PDG de Dust Biosolutions, startup munichoise sélectionnée lors du "Hey,Start-me Up!-Biotechs indutrielles" organisé par TWB en février à Toulouse

Pierre Monsan et Martin Spitznagel, PDG de Dust Biosolutions, une startup munichoise sélectionnée lors du « Hey, Start-me Up!- Biotech industrielles » organisé par TWB en février à Toulouse


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