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Afrique : terre de contraste

L’Afrique revient au cœur de l’actualité avec une recrudescence de l’épidémie Ebola dans le nord-est de Kinshasa en République démocratique du Congo (RDC) : déjà 32 cas et 18 morts. L’OMS redoute « le pire des scénarios, celui d’une épidémie massive d’Ebola comme celle qui avait fait 11.000 morts entre 2013 et 2016.  La souche Ebola Zaïre est l’une des plus virulentes avec un taux de morbidité qui frôle les 90 % ». Cette fois l’OMS appelle à une gestion internationale d’urgence de la crise en RDC et dans les 9 pays limitrophes. En raison de la situation désastreuse des infrastructures en RDC, mettre en place un point aérien s’impose. L’Agence santé de l’ONU devait mobiliser des hélicoptères pour acheminer les premiers kits d’urgence. Des vaccins expérimentaux attendent l’autorisation de Kinshasa pour commencer la mise en œuvre du  plan de vaccination. Mais la gestion de cette crise sanitaire est très coûteuse.

Faute de moyens financiers massifs l’OMS ne sera pas suffisamment armée pour intervenir de manière rapide et efficace. Comme lors du déclenchement d’incendie, où l’on intervient sur le foyer du feu avec des canadairs pour éviter qu’il ne se propage. Dans ce contexte d’urgence, on peut s’alarmer du départ de Tim Ziemer, responsable de la santé globale au Conseil National de Sécurité (NSC) de la Maison Blanche à Washington, le 8 mai, nommé à un autre poste au lendemain de l’annonce faite par l’OMS du redémarrage de l’épidémie en RDC,  alors même que l’Administration américaine travaille activement à couper les fonds qui ont été affectés à la précédente épidémie d’Ebola. D’autre part, l’Unicef s’alarme également de la malnutrition des enfants au Nord Kivu et au Kasaï, qui les rend d’autant plus vulnérables aux maladies infectieuses émergentes. Selon cette organisation, il faudrait 88 M$ pour pouvoir répondre à la gravité de la situation.

 « En matière de santé, l’Afrique du Sud est une véritable terre de contraste avec à la fois d’importants challenges de santé publique : mortalité maternelle et infantile, violence, maladies non transmissibles et transmissibles (VIH, tuberculose).  Dans le même temps, c’est la 1ère destination d’Afrique en termes de tourisme médical : 85 % des touristes médicaux du pays viennent du continent» expose Romain Petit, expert innovation à l’Ambassade de France, en préambule du dossier spécial que biotechinfo consacre à l’Afrique du Sud dont il décrit les atouts en matière de bioéconomie. Paradoxe : « Le pays est en 4ème position des nations enregistrant le plus de nouveaux cas de tuberculose au monde »souligne-t-il.  Et s’il détient le triste record d’avoir le nombre le plus élevé de cas de VIH de la planète, il le doit probablement au « déni de la pandémie » du sida par Thabo Mbeki, président d’Afrique du Sud, jusqu’en 2008. Depuis dix ans,  la situation s’est transformée dans le domaine de la santé dans ce pays et sur ce continent. Le salon Vivatech Technologies 2018, du 24 au 26 mai à Paris va accorder une place toute particulière à la coopération avec l’Afrique. « Certains groupes français, tels que Sanofi, ont lancé des challenges « Afrique » pour Vivatech avec l’objectif d’identifier des start-up africaines répondant à leurs enjeux business ».

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