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2017, un bon cru pour les biotech ?

L’année 2017 devrait être meilleure que 2016, vécue comme une année de recul des valeurs biotechs en bourse. « La contre-performance est flagrante sur le marché secondaire – l’indice américain Nasdaq Biotech a perdu près de 20% en 2016, son homologue européen Next Biotech 15% – comme sur le marché primaire avec un fort recul du nombre d’introductions en Bourse (15 aux Etats-Unis et 15 en Europe, contre respectivement 51 et 24 l’an passé) » écrit Pierre-Louis Germain  dans un article du Revenu Français intitulé «Biotech : oublier 2016,  miser sur 2017 ». S’ajoute aussi à ce recul selon lui« une correction des indices de valorisation » subie en 2016 par les biotechs. Le journaliste dresse la liste des actions à acheter et de celles à éviter. Pour sa part, Jean-Yves Paillé de la Tribune pointe un certain nombre de biotech santé prometteuses : Valneva, Poxel, Transgène, Nanobiotix en voie d’obtenir le feu vert commercial en Europe pour le NBTXR3 sur le sarcome des tissus mous, ou encore DBV avec un blockbuster prévisible en 2018 (Viaskin Peanut contre l’allergie à l’arachide).

Une note d’optimisme alors que se profilent les élections présidentielles en France au printemps. L’occasion d’attirer l’attention sur le secteur des biotechs, plus risqué que celui du numérique où les produits innovants arrivent plus vite sur le marché et à moindre coût. Les résultats précliniques sur des candidats médicaments peuvent être positifs puis s’avérer sans bénéfices réels en phase II ou III d’essais cliniques. C’est le cas notamment pour un des vaccins de Valneva contre le pseudomonas aeruginas (une maladie nosocomiale). Les actions plongent alors puis remontent après une réorientation stratégique.

Grâce à toutes les aides en amorçage, au CIR (Crédit Impôt Recherche), le gouvernement français « dérisque » une partie des projets des biotechs ou medtechs innovantes issus de la recherche académique. Il est désolant de constater, que faute de capital-risque suffisant, des molécules prometteuses développées par ces biotech sont rachetées par des groupes étrangers, anglo-saxons ou asiatiques, privant notre économie des retombées de ces investissements en termes d’emploi et de croissance ; ces groupes pharmas poursuivant la R&D et la production à l’étranger.

Pourtant la France a des atouts. Dans son étude Biotech Innovation 2020, le LEEM (Les Entreprises du Médicament) repère dix technologies en position de leader sur le marché santé en France. Les thérapies cellulaires, les nanotechnologies et les solutions multi-technologiques de santé sont moyennement matures de même que les thérapies géniques. Selon Le Revenu, la plus prometteuse dans ce dernier domaine serait d’ailleurs la technologie des CAR-T (récepteurs antigénique chimérique des récepteurs de cellules T), domaine sur lequel sont positionnés Ceylad et surtout Cellectis. Parmi les technologies les plus matures, les protéines recombinantes, le diagnostic (Séquençage nouvelle génération et le Big data). Depuis le précédent bilan 2015 du LEEM, quatre technologies ont émergé : la modification du microbiote pour raisons thérapeutiques, le tissu à usage médical (bioproduction), les thérapies à base d’ARN, toutes les trois à faible niveau de maturité, et enfin les plateformes de biotechnologies pour la découverte de molécules innovantes, en revanche très matures. Faisons le vœu que des mesures politiques soient prises en 2017 pour favoriser le financement et la croissance des biotechs françaises.

 

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